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La Contre-Révolution vs La Gouvernance Mondiale

Louis XVI et la « révolution française » – Abbé Olivier Rioult

L'apothéose humaine - abbé Olivier Rioult

L’apothéose humaine – abbé Olivier Rioult

En 1789, la philosophie humaniste a triomphé d’une manière sanglante. La déclaration des droits de l’homme devient le catéchisme national. La Nation, en qui réside toute souveraineté s’idolâtre. La déesse France vient de naître ou plutôt l’État-dieu du paganisme vient de renaître. Cette idée doit être imposée aux Français et aux peuples par tous les moyens. Seule la République universelle de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité peut régénérer le monde par la destruction des privilèges pour la réconciliation des peuples. La Révolution fera la guerre à toute l’Europe et à l’Église pour le bonheur de l’univers entier. Un tel fanatisme et une telle pourriture idéologique n’ont pu triompher que par la démission des élites du pays. L’apostasie de la tête a entraîné l’apostasie des membres.

Louis XVI, dès ses quinze ans, était parfaitement conscient de cette difficulté. Il écrivait en 1769 dans ses Réflexions sur mes Entretiens :

« Jamais il n’y eut moins de vérité, moins d’honneur que l’on en voit aujourd’hui. On court à la fortune, on la veut faire à quel que prix que ce soit. On ne rencontre partout qu’un intérêt sordide, une basse flatterie, une jalousie furieuse, un commerce perpétuel de fourberie et de mensonge : Ce sont là les vices dominants de la cour. On y trouve presque plus de ces grandes âmes nobles et désintéressées, qui aimaient sincèrement l’État et qui ne voulaient aller à la fortune que par la voie du mérite. Il y en a sans doute quelques-unes, quoique en très petit nombre, qui se sont sauvées de ce naufrage presque universel de la probité et de la vertu. »

Vingt ans plus tard, Louis XVI devait lutter contre la pourriture des élites et contre la masse du peuple contaminé et manipulé. Vingt ans plus tard, Louis XVI sera fidèle à sa résolution.

« Comme homme, je dois être juste, comme prince, je dois faire régner la justice […] rien ne pourrait me soustraire à l’obligation de remplir mes devoirs à l’égard de mes peuples. »

Le 18 juin 1792, louis XVI met son veto aux deux décrets inconstitutionnels sur la déportation des prêtres et sur le camp de Paris. Les conséquences de ce qu’il vient de faire ne se font pas attendre. Dès le 20 juin a lieu l’affrontement. Plusieurs milliers de « pétitionnaires », armés de piques et de sabres que le maire Pétion avait mêlés aux deux bataillons de la Garde nationale, envahissent les Tuileries et menacent le roi de mort s’il ne sanctionne pas les deux décrets qu’il a refusés. Louis XVI ne cède pas, et pourtant le face-à-face a duré plusieurs heures. Son courage a désarmé ceux qui étaient venus pour le tuer. Le surlendemain, 22 juin 1792, il fait afficher une proclamation qui ajoute encore à l’effet produit :

« Les français n’auront pas appris sans douleur qu’une multitude égarée par quelques factieux, est venue à main armée dans l’habitation du Roi, a traîné du canon jusque dans la salle de garde, a enfoncé les portes de son appartement à coups de hache, et là, abusant du nom de la nation, a tenté d’obtenir par la force la sanction que Sa Majesté a constitutionnellement refusée à deux décrets.

« Le Roi n’a opposé aux menaces et aux insultes des factieux que sa conscience et son amour pour le bien public, Le Roi ignore quel sera le terme où ils voudront s’arrêter ; mais il a besoin de dire à la Nation française que la violence, à quelque excès qu’on veuille la porter, ne lui arrachera jamais un consentement à tout ce qu’il croira contraire à l’intérêt public. Il expose sans regret sa tranquillité, sa sûreté ; il sacrifie même sans peine la jouissance des droits qui appartiennent à tous les hommes, et que la loi devrait faire respecter chez lui comme chez tous les citoyens. Mais comme représentant de la nation Française, il a des devoirs sévères à remplir, et s’il peut faire le sacrifice de son repos, il ne fera pas le sacrifice de ses devoirs.

« Si ceux qui veulent renverser la monarchie ont besoin d’un crime de plus, ils peuvent le commettre. Dans l’état de crise où elle se trouve, le roi donnera jusqu’au dernier moment à toutes les autorités constituées l’exemple du courage et de la fermeté qui seuls peuvent sauver l’empire. En conséquence, il ordonne à tous les corps administratifs et municipalités de veiller à la sûreté des personnes et des propriétés.

(Logographe 1792 n°267 p. 72l/l).

Ces deux textes du roi, outre le témoignage de la perversité des élites et des auteurs de la révolution, a surtout l’intérêt de montrer la lucidité du roi, sa bonté et son courage. Louis XVI fut parmi les meilleurs de son époque. Le livre des Girault de Coursac Louis XVI a la parole montre son écrasante supériorité et sa profonde sagesse. Et c’est ce roi que la révolution a assassiné. En perdant Louis XVI, la France n’a pas seulement perdu la monarchie héréditaire, traditionnelle et coutumière, anti-parlementaire et décentralisée, qui ont fait l’unité du pays, elle a aussi perdu ce qui faisait le prestige de la maison capétienne et la gloire de la France : la primauté du spirituel. La monarchie à terre, la décatholicisation pouvait commencer.

Abbé Olivier Rioult « L’Apothéose humaine. Une idole au cœur de la modernité »

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