Royalistes.Net

La Contre-Révolution vs La Gouvernance Mondiale


Poster un commentaire

La dîme sous l’Ancien Régime : mensonge historique républicain

dîme mensonge historique

De toutes les institutions de l’Ancien Régime la dîme ecclésiastique a été l’une des plus attaquées. Depuis la Révolution, on ne cesse de la représenter comme l’une des tyrannies les plus odieuses que l’Église ait fait peser sur le peuple. Il n’est pas étonnant que la littérature de bas étage des manuels scolaires condamnés ait ramassé cet argument de réunion publique et ait agité la question de la dîme devant les enfants des écoles pour leur faire détester l’Église, auteur et bénéficiaire d’un pareil abus. On a fait appel à l’image et on a montré le moine venant sur le champ du paysan avec sa charrette pour prélever lui-même cet impôt odieux et emporter ainsi, sans avoir rien fait pour la culture, une partie des bénéfices du travail des paysans.

II est donc nécessaire de préciser ce qu’était la dîme ecclésiastique à la fin de l’Ancien Régime afin de voir dans quelle mesure ces déclamations sont mensongères. Nous ferons cette étude avec l’unique souci de la vérité. La fin de l’Ancien Régime nous présente dans tous les domaines de l’activité humaine des institutions et des coutumes qui avaient eu et qui même conservaient leur raison d’être mais dans lesquelles un long usage avait pu introduire des déformations.
[…] « La dîme était une certaine portion des fruits de la terre et du croît des animaux que le clergé percevait pour subvenir à ses besoins, à l’entretien du culte et au soulagement des pauvres ». Ainsi définissent la dîme les auteurs qui s’en sont occupé. A l’origine, elle fut une oblation, une contribution volontaire fournie au clergé par les fidèles ; mais, dès le XIe siècle, les lois ecclésiastiques et les civiles la rendaient obligatoire ; au XVIIe siècle, elle était due par tous les possesseurs du sol et des sanctions religieuses et civiles en assuraient la perception.

Ceux qui la firent abolir, en 1789, et ceux qui, depuis, l’ont signalée à l’animadversion de l’opinion, l’ont présentée comme une charge intolérable pesant sur les paysans et grevant l’agriculture au point d’en entraver le développement et les progrès.

Qu’y-a-t-il de vrai dans cette assertion ?

Il n’y a qu’une manière de répondre à cette question ; c’est : 1° d’évaluer ce que représentaient, chaque année, en argent, les produits que, par la dîme, l’Église percevait sur la propriété rurale ; 2° de déterminer la proportion des produits du sol et du croît des animaux qui revenait annuellement à l’Église par la levée de la dîme ; en d’autres termes, il s’agit d’établir la valeur et la quotité de la dîme.

[…] Enfin, dans le discours qu’il prononça en sanctionnant la suppression des dîmes, Louis XVI leur assigna une valeur de 60 à 80 millions, se rencontrant ainsi à peu près avec Talleyrand et avec les représentants du clergé. Nous pouvons donc admettre ce dernier chiffre qui équivalait à environ 120 millions de la monnaie d’avant guerre.

Quotité de la dîme.
— Pour nous faire une idée de la quotité de la dîme, nous devons oublier l’étymologie de ce mot. Il désignait en principe le dixième des revenus de la terre et de l’élevage ; mais en réalité, cette proportion qui a pu exister à l’origine, s’était atténuée depuis longtemps, et dans de fortes proportions, à la fin du XVIIIe siècle. Déjà au commencement du XVIIe siècle, le dixième n’est presque jamais perçu. « Sur les blés qui sont le plus strictement dîmés, le curé ne perçoit, vers 1615, le 11e, 12e et 13e — la dîme au 13e sillon, comme on dit, — qu’en un tout petit nombre de localités. En Bourgogne, la dîme est au 15e, dans le bailliage de Sens au 16e.

En Dauphiné et en Provence, elle ne se paie qu’à la 20e gerbe et dans plusieurs paroisses, à la 30e seulement. Il en est de même en Touraine. En plusieurs doyennés de Champagne, elle ne va pas à une gerbe sur 30 ; en beaucoup de terres de Poitou, Saintonge et Aunis, une déclaration royale la fixe au cinquantième.

Pour toutes les dîmes de nouvelle création, on ne donnait en général que 4 % de la récolte. Les produits du sol autres que le blé payaient moins encore. La dîme des bois royaux avait été réduite au 20e par les officiers des eaux et forêts. Dans le ressort du Parlement de Bordeaux, plusieurs sénéchaussées qui forment le département actuel des Landes ne payaient les prémices (dîme) du bétail que de quarante-cinq, un. En Normandie, la dîme des veaux ou agneaux était de 6 deniers par tête, c’est-à-dire moins de 1 % ».

On voit par là combien la dîme s’était atténuée, déjà un siècle et demi avant la Révolution qui devait l’abolir.

Ces atténuations se sont continuées au cours du XVIIe et du XVIIIe siècle. Visitant la France, à la veille de 1789, le voyageur anglais Young notait la manière dont la dîme y était levée et constatait qu’elle était moins lourde qu’en Angleterre : « Prélevé en nature, dit-il, cet impôt, comme je l’appris dans mes voyages, n’atteignait jamais un dixième du produit ; il n’était guère que le 12e, le 13e et même le 20e. Nulle part, les nouvelles cultures n’y étaient sujettes ; ainsi les choux, les navets, le trèfle, la chicorée, les pommes de terre. Dans beaucoup d’endroits, les prairies étaient exemptes ; de même les vers à soie. Les oliviers étaient imposés quelquefois, libres le plus souvent. Les vaches ne payaient rien, les agneaux seulement du 12e au 21e, la laine rien ».

[…] 1). Le taux du 10e était exceptionnel et présenté comme tel par les cahiers qui en demandaient unanimement la réduction.
2). Les taux variant entre le 12e et le 20e sont fort nombreux.
3). On trouve beaucoup de dîmes au 40e, au 50e et même au 60e.
4). On en trouve quelques-unes au 100e et à moins encore.
5). Enfin, quelques-unes étaient remplacées par une faible redevance en argent, ou même par un capital une fois versé.

Il ne faut pas oublier, d’autre part, que beaucoup de terres et de produits échappaient à la dîme. Si en principe, comme le dit Héricourt, à la suite des conciles, la dîme devait être prélevée sur tous les fruits de la terre et des troupeaux, en pratique, elle ne les atteignait pas tous, pas plus qu’elle n’en prélevait rigoureusement le dixième. Les exemptions devenaient de plus en plus nombreuses au cours des siècles et surtout du XVIIIe.

Depuis le Moyen Age, on ne payait plus les dîmes personnelles, c’est-à-dire celles qui frappaient l’industrie humaine beaucoup plus que le produit de la terre aidé du travail humain. Au XVIIe et au XVIIIe siècles, « on ne percevait aucune dîme sur l’industrie et le commerce, sur le gain de l’artisan, non plus que sur les fruits civils, tels que les loyers des maisons » ; et sauf de rares exceptions locales, on considérait la pêche des fleuves, des étangs ou de mer, l’exploitation des carrières, comme des industries.

Des produits de l’agriculture et de l’élevage qui, en principe, étaient soumis à la dîme, un seul la payait universellement, c’était le froment. Quant aux autres, ou bien ils étaient taxés dans tel pays, exemptés dans tel autre, ou bien exemptés partout. En Nivernais par exemple, on ne connaissait pas la dîme sur le vin. Un arrêt du Parlement de Paris cité par Brillon déclarait que « cette dîme dépendait de l’usage des lieux ». En général, les prairies et les herbages ne payaient pas la dîme non plus que les bois ; leurs produits n’étaient taxés qu’en vertu de coutumes locales et particulières, et le plus souvent, on assimilait au produit des prairies et herbages les sainfoins, vesces, luzernes coupés en vert pour la nourriture du bétail. Les arbres fruitiers n’étaient soumis à la dîme que lorsque le champ qui les portait ne donnait pas d’autre produit « dîmé » ; « il n’y avait en effet qu’un petit nombre de paroisses où l’on avait le droit de « dîmer haut et bas ».

  […] Dans la séance du 24 septembre 1789, un député de la Constituante, Milton de Montherlant, député du bailliage de Beauvais, demanda la suppression pure et simple de la dîme. Dans le passage suivant de son discours il montra que « la dîme ne frappe pas sur tous les fruits. Les bois, dit-il, les prés ne la doivent pas communément. Les sainfoins, les trèfles, les uzernes, les colzas, le chanvre, le sarrasin la doivent dans des cantons et en sont affranchis dans d’autres ».

Ces nombreuses exemptions allégeaient encore un impôt dont la quotité était parfois si faible dans certains pays et à propos de certains produits. Ce qui diminuait encore le poids qu’il faisait peser sur la classe rurale, c’était son mode de perception.

1). Il était universel ; nul n’en était dispensé : « Tous, écrivait Gibert, vers 1735, tous, riches et pauvres, doivent offrir à leurs églises les prémices et les dîmes de leurs fruits.» « Tous les fonds sont sujets aux dîmes, écrivait de son côté un autre canoniste, Héricourt. Les propriétaires ou leurs fermiers doivent les payer, les juifs et les hérétiques comme les catholiques, les nobles comme les roturiers, les clercs comme les séculiers ».

Routier parle de même dans ses Pratiques bénéficiales en Normandie : « Personne ne peut se prétendre exempt de la dîme… Les ecclésiastiques eux-mêmes sont obligés au paiement de la dîme pour les héritages qu’ils possèdent et dont ils jouissent, même pour leur titre sacerdotal ou en conséquence de leur bénéfice… A plus forte raison, les biens patrimoniaux des ecclésiastiques ne sont-ils pas exempts des dîmes… Les pauvres doivent aussi les dîmes. Les nobles sont obligés de payer la dîme à la même quotité que les roturiers ; de même les moines et les roturiers ».

Le roi donnait l’exemple de ce paiement. « Les Archives de Seine-et-Oise (Q.« Les Archives de Seine-et-Oise Déclaration des revenus des curés en 1790) nous signalent, dans un inventaire des titres de la cure de Bois-d’Arcy fait par « MM. les officiers municipaux, le 17 juillet 1790 » : 1° un arrêt du 31 mai 1741 liquidant à 168 livres l’indemnité due au sieur curé à cause de la perte de sa dîme sur 106 arpents de bois cédés au roi sur le domaine de Versailles ; 2° un édit du roi de décembre 1764 accordant 151 livres 10 sols sur le domaine de Paris pour indemnité de dîmes sur terres plantées en bois. Les mêmes Archives disent que les revenus de La Celle Saint-Cloud consistent en dîmes de grains et grenailles, etc., plus en 480 livres payés par le roi pour bois, en dédommagement de dîmes. Dans les Archives de la Manche (H. 1486), nous relevons également un arrêt du 20 décembre 1720 maintenant l’abbé de Cérizy en possession de la moitié de la dîme du prix des ventes des forêts de Sa Majesté, dans l’étendue de la maîtrise de Valognes ».

Les membres du clergé tant séculier que régulier devaient la dîme pour les biens qu’ils tenaient en toute propriété et à titre personnel, comme pour ceux qui appartenaient à l’Église et dont ils devaient la jouissance à leurs fonctions et à leur qualité. Un acte de février 1691 nous montre le chapitre de Poissy rappelant aux Ursulines qu’elles ont à payer à la paroisse « le droit de dixme de ce qu’elles ont recceuilly et recceuilleront de fruits, de quelque espèce que ce soit, » et les Ursulines rachètent cette dîme par le paiement d’une rente annuelle de 7 livres.

En 1704, le curé d’Aumont écrivait à l’abbé de Saint-Jean-le-Grand d’Autun : « J’ai été surpris d’apprendre que vos fermiers s’étaient plaint à vous de ce que le curé de Montholier et moi avions refusé de payer la dixme du vin… Il est vrai que j’ai acquis cette année deux petites vignes, mais je n’ai jamais eu la moindre pensée de refuser la dîme des vignes qui m’appartiennent en propre ».*

Enfin, la noblesse, elle aussi, était astreinte à la dîme. En 1717, la dame de Vallerois (Haute-Saône) prétendait en raison de sa noblesse, être dispensée du paiement de la dîme : une condamnation du bailliage de Vesoul lui prouva le contraire. A vrai dire cependant, la loi qui imposait à tous, même au roi, le paiement de la dîme, subit quelques exceptions. Les papes accordèrent la franchise de cette redevance à certains ordres religieux et à certains couvents, en particulier aux maisons de Cîteaux et de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Les rois de France donnèrent parfois la dispense temporaire ou perpétuelle de la dîme pour encourager certaines initiatives profitables à l’agriculture et au pays.

Mais on peut dire que ces privilèges n’étaient accordés qu’à bon escient et affirmer que, de tous les impôts de l’Ancien Régime, la dîme était celui qui respectait le plus le principe de l’égalité. C’est donc une erreur manifeste d’affirmer qu’il grevait lourdement et uniquement la propriété paysanne.

2). Il était variable et suivait exactement les vicissitudes de la matière imposable. Les hommes de la Révolution ont cherché à proportionner exactement l’impôt aux capacités du contribuable. C’était le principe même qui avait présidé à l’établissement de la dîme. Comme elle n’était qu’une fraction du produit de l’agriculture et de l’élevage, elle tenait un compte rigoureux des variations qui se produisaient, chaque année, dans les revenus des propriétaires fonciers ou de leurs fermiers. Dans les années d’abondance, elle était importante et se payait facilement ; au contraire, dans les années de disette où l’on avait une certaine peine à la payer, elle était faible ; enfin, quand la récolte était nulle, il n’y avait pas de dîme. « La dîme, dit M. d’Avenel, suit les variations de la récolte ; elle s’adoucit d’elle-même dans les mauvaises années ; et si elle s’élève, c’est en proportion de la prospérité du contribuable ».

[…] Enfin la dîme était prélevée en nature. On a essayé justement de tirer parti de cette particularité pour la rendre odieuse à l’opinion publique. « Je plains, a écrit Voltaire, le sort du curé de campagne obligé de disputer une gerbe de blé à son malheureux paroissien, de plaider contre lui, d’exiger la dîme des lentilles et des pois, d’être haï et de haïr, de consumer sa misérable vie dans des querelles continuelles qui avilissent l’âme autant qu’elles l’aigrissent ». Taine a fait écho à Voltaire dans un passage de son Ancien Régime et tel manuel scolaire, pour inspirer aux enfants la haine des curés et des moines vivant, sous l’Ancien Régime, de la sueur du pauvre cultivateur, nous en montre un venant, gras et gros, charger sa charrette du produit de la dîme, sur le champ même du paysan.

Outre que la scène est singulièrement dramatisée, on ignore ou on feint d’ignorer que, le plus souvent, le curé ou le décimateur affermait à un laïque la perception de la dîme et ne s’en chargeait pas directement lui-même.

Fait plus grave : on méconnait la mentalité qu’ont, encore de nos jours, les populations rurales et qu’elles avaient, plus forte encore, avant la Révolution. Il ne faut pas avoir vécu longtemps à la campagne pour avoir remarqué que le cultivateur est beaucoup plus économe de son argent que des produits du sol ou de la ferme. Il vit sur ces derniers et les donne assez facilement parce qu’ils sont à sa portée, parce que leur écoulement sur place est parfois impossible, et que leur négociation ne va pas sans des difficultés parfois assez grandes.

L’argent au contraire représente ses économies ; son accumulation fait sa fortune et il le serre soigneusement dans ses coffres comme une précieuse réserve à laquelle il ne touche qu’à bon escient. Cette prédilection pour les espèces sonnantes devait être encore plus grande au XVIIIe siècle, alors que l’état des chemins et les difficultés des communications opposaient plus d’obstacle à la négociation des produits et à leur transformation en numéraire. Plus qu’aujourd’hui, on devait consommer sur place ; moins qu’aujourd’hui, on avait d’argent et ainsi on devait être plus libéral des produits du sol et plus avare de l’argent. Le paiement de la dîme en nature correspondait à la mentalité des populations agricoles, beaucoup mieux que ne l’eût fait un versement en espèces.

Si par sa répartition et son mode de perception, la dîme présentait tant d’avantage sur les autres impôts, pourquoi a-t-elle été si impopulaire ? pourquoi les cahiers de 1789 ont-ils demandé sa suppression ? pourquoi enfin l’Assemblée Constituante s’est-elle empressée de la supprimer, sur les réclamations du peuple ? » Telle est l’objection que ne manqueront pas de nous faire les avocats des manuels condamnés… s’il s’en trouve encore. Cette objection mérite de nous arrêter quelques instants.

Tout d’abord, il ne semble pas que la dîme ait été, sous l’Ancien Régime, particulièrement impopulaire. Elle apparaissait sous un aspect tout différent à certains économistes dont on ne peut contester ni la compétence, ni l’expérience, ni l’amour sincère qu’ils ont porté aux classes populaires.

Et si aujourd’hui, près d’un siècle et demi après que la Révolution a aboli certains impôts impopulaires, on nous demandait de rédiger, comme on le fit en 1789, des cahiers de doléances [ Cahiers de doléances 1789 : Escroquerie, truquages des Francs-maçons]  et d’y inscrire nos sentiments sur les impôts qui pèsent sur nous, quels sont ceux dont nous demanderions le maintien en les déclarant chers au peuple ?

Serait-ce l’impôt des portes et fenêtres qui perçoit de lourdes redevances sur l’air que nous respirons et sur la lumière du jour ? Seraient-ce les monopoles qui, à l’exemple de l’ancienne gabelle, font de État l’unique vendeur de denrées nécessaires à la vie qu’il taxe lourdement ? Seraient-ce les octrois qui, à l’exemple des douanes intérieures de l’Ancien Régime, frappent les produits les plus indispensables à notre existence ?

L’opinion se déchaînerait contre eux, comme elle s’est déchaînée sur la dîme, surtout s’il s’agissait, comme on le fit en 1789, d’en demander la suppression pure et simple et non le remplacement par des ressources équivalentes. Et ainsi, les cahiers de 1929 seraient aussi sévères contre les contributions de 1929, que ceux de 1789 ont pu l’être contre les impôts de 1789 et en particulier la dîme.

Il ne semble pas d’ailleurs qu’à la veille de la Révolution et, malgré les défauts qu’elle présentait, la dîme ait été particulièrement impopulaire. Nous en avons la preuve dans les cahiers de 1789.

[…] M. Gagnol a dressé une statistique intéressante, en dépouillant les cahiers de doléances de 1789. Il a constaté que 187 cahiers demandaient la suppression ou le rachat des dîmes, que 51 en voulaient le maintien mais en les convertissant en prestation pécuniaire ; enfin que 567 n’en parlaient pas. Il semblerait donc que la grande majorité des cahiers demandaient ou acceptaient le maintien de la dîme : ce qui n’est pas l’indice que cette redevance fût particulièrement impopulaire.

Les textes et les chiffres que nous avons cités, au cours de ce chapitre, réduisent donc à de justes proportions les attaques qui, depuis cent ans et de nos jours, ont été portées contre la dîme. Sans la déclarer exempte d’abus, ils nous ont prouvé que, sur ce point comme sur tant d’autres, la légende révolutionnaire créée par certains écrivains du XIXe siècle, les déclamations des politiciens, les calomnies de ces singuliers éducateurs qui, en faussant l’histoire, pervertissent l’esprit de la jeunesse, s’étaient accordées pour faire de la dîme un épouvantail, destiné à nous inspirer à la fois l’horreur de l’Ancien Régime et du clergé.

Au lieu de cet épouvantail il y avait une institution qui avait fait ses preuves, puisqu’elle avait duré plus de mille ans, qui avait pu, au cours de sa longue existence, se laisser pénétrer par quelques abus dont le clergé lui-même reconnaissait l’existence en 1789, mais qui, malgré tout, était acceptée, sans trop de difficulté, par la masse de l’opinion publique.

Blanche Belleroy pour Royalistes.Net« Histoire partiale, histoire vraie » de Jean GUIRAUD

L’argent au contraire représente ses économies ; son accumulation fait sa fortune et il le serre soigneusement dans ses coffres comme une précieuse réserve à laquelle il ne touche qu’à bon escient. Cette prédilection pour les espèces sonnantes devait être encore plus grande au XVIIIe siècle, alors que l’état des chemins et les difficultés des communications opposaient plus d’obstacle à la négociation des produits et à leur transformation en numéraire. Plus qu’aujourd’hui, on devait consommer sur place ; moins qu’aujourd’hui, on avait d’argent et ainsi on devait être plus libéral des produits du sol et plus avare de l’argent. Le paiement de la dîme en nature correspondait à la mentalité des populations agricoles, beaucoup mieux que ne l’eût fait un versement en espèces.

Si par sa répartition et son mode de perception, la dîme présentait tant d’avantage sur les autres impôts, pourquoi a-t-elle été si impopulaire ? pourquoi les cahiers de 1789 ont-ils demandé sa suppression ? pourquoi enfin l’Assemblée Constituante s’est-elle empressée de la supprimer, sur les réclamations du peuple ? » Telle est l’objection que ne manqueront pas de nous faire les avocats des manuels condamnés… s’il s’en trouve encore. Cette objection mérite de nous arrêter quelques instants.

Tout d’abord, il ne semble pas que la dîme ait été, sous l’Ancien Régime, particulièrement impopulaire. Elle apparaissait sous un aspect tout différent à certains économistes dont on ne peut contester ni la compétence, ni l’expérience, ni l’amour sincère qu’ils ont porté aux classes populaires.

Et si aujourd’hui, près d’un siècle et demi après que la Révolution a aboli certains impôts impopulaires, on nous demandait de rédiger, comme on le fit en 1789, des cahiers de doléances [ Cahiers de doléances 1789 : Escroquerie, truquages des Francs-maçons]  et d’y inscrire nos sentiments sur les impôts qui pèsent sur nous, quels sont ceux dont nous demanderions le maintien en les déclarant chers au peuple ?

Serait-ce l’impôt des portes et fenêtres qui perçoit de lourdes redevances sur l’air que nous respirons et sur la lumière du jour ? Seraient-ce les monopoles qui, à l’exemple de l’ancienne gabelle, font de État l’unique vendeur de denrées nécessaires à la vie qu’il taxe lourdement ? Seraient-ce les octrois qui, à l’exemple des douanes intérieures de l’Ancien Régime, frappent les produits les plus indispensables à notre existence ?

L’opinion se déchaînerait contre eux, comme elle s’est déchaînée sur la dîme, surtout s’il s’agissait, comme on le fit en 1789, d’en demander la suppression pure et simple et non le remplacement par des ressources équivalentes. Et ainsi, les cahiers de 1929 seraient aussi sévères contre les contributions de 1929, que ceux de 1789 ont pu l’être contre les impôts de 1789 et en particulier la dîme.

Il ne semble pas d’ailleurs qu’à la veille de la Révolution et, malgré les défauts qu’elle présentait, la dîme ait été particulièrement impopulaire. Nous en avons la preuve dans les cahiers de 1789.

[…] M. Gagnol a dressé une statistique intéressante, en dépouillant les cahiers de doléances de 1789. Il a constaté que 187 cahiers demandaient la suppression ou le rachat des dîmes, que 51 en voulaient le maintien mais en les convertissant en prestation pécuniaire ; enfin que 567 n’en parlaient pas. Il semblerait donc que la grande majorité des cahiers demandaient ou acceptaient le maintien de la dîme : ce qui n’est pas l’indice que cette redevance fût particulièrement impopulaire.

Les textes et les chiffres que nous avons cités, au cours de ce chapitre, réduisent donc à de justes proportions les attaques qui, depuis cent ans et de nos jours, ont été portées contre la dîme. Sans la déclarer exempte d’abus, ils nous ont prouvé que, sur ce point comme sur tant d’autres, la légende révolutionnaire créée par certains écrivains du XIXe siècle, les déclamations des politiciens, les calomnies de ces singuliers éducateurs qui, en faussant l’histoire, pervertissent l’esprit de la jeunesse, s’étaient accordées pour faire de la dîme un épouvantail, destiné à nous inspirer à la fois l’horreur de l’Ancien Régime et du clergé.

Au lieu de cet épouvantail il y avait une institution qui avait fait ses preuves, puisqu’elle avait duré plus de mille ans, qui avait pu, au cours de sa longue existence, se laisser pénétrer par quelques abus dont le clergé lui-même reconnaissait l’existence en 1789, mais qui, malgré tout, était acceptée, sans trop de difficulté, par la masse de l’opinion publique.

Blanche Belleroy pour Royalistes.Net« Histoire partiale, histoire vraie » de Jean GUIRAUD

Publicités


1 commentaire

Livre audio : La Franc-maçonnerie et la Révolution française – Maurice Talmeyr

Talmeyr.jpg

 

Qui sont les responsables de l’état actuel catastrophique de notre pays la France, à quelle date la déchéance de notre pays a-t-elle commencée et dans quel but ? Quel est le régime qui nous a conduits à une décadence totale ? La France était la première puissance occidentale avant 1789. Que sommes-nous aujourd’hui, pourquoi, comment et à cause de qui ? Qu’a fait de notre si beau pays, la France, la judéo-maçonnerie via ses loges et son outil : La République dite française ?  Pour écouter  ou télécharger gratuitement le livre audio : http://bit.ly/1pZ2Zsa

Quel a été, en 1789, en 1792 et en 1793, le rôle exact de la Franc-maçonnerie de France dans la Révolution française ?

Ce que M. Maurice Talmeyr a voulu démontrer dans son livre « La franc-maçonnerie et la Révolution française » que nous avons enregistré en livre audio, http://bit.ly/1pZ2Zsa disponible gratuitement, afin de le diffuser au plus grand nombre, c’est que la Révolution, bien loin qu’elle fût nationale dans ses origines profondes et dans ses aspirations, a été l’œuvre exclusive d’une secte qui tendait précisément et qui tend de nos jours encore à la destruction de toutes les nationalités.

Et ce thème, M. Maurice Talmeyr l’a exposé et développé, avec une clarté, une logique, une vigueur saisissante et une abondance de documentation propre à satisfaire les critiques les plus exigeants. Il n’enguirlande pas la vérité. Il la montre telle quelle, avec preuves irrécusables à l’appui, et en un style sobre, incisif.

« D’après les documents les moins niables, explique Maurice Talmeyr, et contrairement à une légende audacieusement fabriquée, la nation française, comme masse populaire, en dehors d’une certaine noblesse, d’un certain clergé et d’une certaine bourgeoisie, était alors profondément catholique et royaliste. »

Et comment, dès lors, comprendre « une nation qui a la religion et la monarchie dans le sang, qui les veut, qui ne veut qu’elles, et qui les renverse avec fureur » ?

La mise à mort de Louis XVI a été décidée, dix ans d’avance, dans la tenue illuministe de Wilhelmsbad.

La trahison, elle était partout à la Cour de Louis XVI. Dans cet ordre d’idées, M. Maurice Talmeyr établit sur des documents irrécusables que le Roi n’a jamais donné, au 10 août 1792 cet ordre de cesser le feu, qui perdit la monarchie et qui fut donné cependant au nom du Roi.

Il prouve de même que ni l’assemblée législative n’a voté l’emprisonnement de Louis XVI au Temple, ni la Convention n’a voté la mort du Roi. L’assemblée législative a voté que le Roi logerait au palais du Temple, mais non pas dans la Tour du Temple, qui était une prison.

Et quant à la Convention, elle a réellement repoussé la mort du Roi par 13 voix de majorité. C’est un pouvoir occulte qui a emprisonné le Roi et qui l’a condamné à mort par falsification de scrutin. Et ce pouvoir occulte, c’est la franc-maçonnerie. Ce n’est pas là, évidemment, ce que nous ont appris les historiens de la Révolution, et M. Maurice Talmeyr semble conclure à bon droit :

Si la Révolution, que personne ne confond avec l’évolution, n’est pas le grand mouvement humain auquel beaucoup d’honnêtes gens ont cru et croient encore, si elle n’est pas ce grand fait social provenant naturellement d’intérêts et de besoins profonds, et si, au contraire, elle n’a jamais été qu’un bluffe immense, dirigé et lancé contre le Christianisme universel, tous nos malaises moraux, toutes nos perturbations, se comprennent et s’expliquent. Sinon, ils ne se comprennent pas, et ne peuvent sérieusement se déduire de rien.

Ou la Révolution est un mouvement naturel, providentiel, et le trouble ne peut pas être toujours d’autant plus grand que les progrès des idées révolutionnaires sont plus grands eux-mêmes ! Ou la Révolution n’est bien que l’artifice et la machination de voleurs qui « percent la maison », et le trouble, alors, se comprend. Tout s’explique et tout s’éclaire… Enfin, et ce sera notre dernier mot, nous voyons peut-être aussi maintenant que l’histoire de la Révolution est à faire, et que nous ne la savons pas, que nous n’en savons rien. Nous avons donc un devoir tout indiqué, c’est de l’apprendre, d’abord pour la savoir, et pour pouvoir ensuite l’enseigner à la France !

« Nous voyons maintenant que l’histoire de la Révolution est à refaire et que personne ne la sait, surtout parmi ceux qui devraient la savoir. Nous n’avons donc qu’une chose à faire, c’est de l’apprendre, d’abord pour la savoir, ensuite pour l’apprendre à la France. »

« Pour l’apprendre à la France », nous mettons donc, [Royalistes.Net], à disposition et gratuitement, une vidéo et l’enregistrement http://bit.ly/1pZ2Zsa mp3 de l’ouvrage de M. Talmeyr et vous invitons à l’écouter et le diffuser au plus grand nombre.

 

Non, nous ne célèbrerons pas 1789  ! Vive le Roi ! A bas la république judéo-maçonnique !