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La Contre-Révolution vs La Gouvernance Mondiale

Des exemptions d’impôts et du rapport de Louis XVI au peuple

En 1854, dans Mensonges révolutionnaires, Alexandre Rémy entreprend de dénoncer la propagande éhontée à laquelle se livrent les falsificateurs de l’Histoire, et revient notamment sur les propos tenus dans une brochure en date de 1803 et intitulée Naturel et légitime, laquelle affirme qu’en 1789 :

Louis XVI, par Joseph-Siffred Duplessis« Des qualifications devenues insignifiantes, des parchemins et des livrées, restes absurdes de la féodalité, séparaient honteusement vingt millions de Français pleins de courage, de talents et d’industrie, d’une caste oisive et dégénérée, à laquelle étaient réservés tous les emplois, qui seule avait la faveur du souverain, et à laquelle seule le souverain se vantait d’appartenir. La classe industrieuse semblait être la propriété de la classe fainéante. Le roi disait mon peuple : alors le peuple ne voyait plus son roi (…) L’affranchissement des impôts des nobles rendait encore plus révoltante la condition de ces ineptes privilégiés. Le clergé possédait des biens immenses soumis à de faibles taxes ; des évêques intrigants, des moines fainéants et dépravés, regorgeaient de richesses ; des pasteurs vigilants et secourables languissaient dans une avilissante pauvreté. »

Fracture sociale alimentée par la royauté ? Mensonge

Pour Alexandre Rémy, on ne saurait fausser l’histoire avec plus d’impudence, et calomnier plus systématiquement notre ancienne royauté dans la personne d’un monarque à qui l’Assemblée constituante a décerné le titre de Restaurateur des libertés françaises. Dans un premier temps, il réfute la vision d’une nation qui, au moment où éclata la Révolution, aurait été divisée en deux classes, dont l’une monopolisait les emplois et la faveur du souverain, et dont l’autre, composée de vingt millions de Français, semblait être la propriété de la première.

Dès 1787, explique-t-il, Louis XVI, s’adressant à la noblesse et au clergé, demanda à ces deux ordres de se soumettre de leur plein gré au droit commun qu’il voulait rétablir dans le royaume ; d’un autre côté, et cette même année, le collège des pairs de France, se portant fort pour l’ordre entier de la noblesse, acquiesça solennellement à la demande du roi ; cet acquiescement fut renouvelé par les deux ordres, dans l’assemblée des notables qui se tint quelque temps après ; et enfin, dans la fameuse nuit du 4 au 5 août, le clergé et la noblesse firent volontairement l’abandon de ce qui leur restait de privilèges et de droits féodaux.

Que ces droits et ces privilèges fussent autant d’abus contre lesquels protestait l’esprit public, la question n’est point là davantage, renchérit-il ; ce qu’il importe seulement de savoir si la réforme de ces abus, demandée par la nation, entrait dans le programme de la politique royale, et si cette réforme a été réalisée en effet sous le gouvernement même de Louis XVI. Or, cette question est tranchée affirmativement par les faits mêmes. Il n’y a pas lieu, dès lors, à tirer de l’existence antérieure de ces abus un grief contre l’ancienne royauté

Exemption d’impôts sans contrepartie ? Mensonge

Alexandre Rémy s’attarde ensuite sur l’exemption des impôts en faveur du clergé et de la noblesse. En admettant que cette exemption fût un abus, écrit-il, nous venons de voir comment il prit fin : or, dès lors qu’il avait cessé d’exister, la révolution n’était donc pas fondée à s’en faire un argument contre la monarchie. Et Rémy de reconnaître sans difficulté le fait de cette exemption : oui, le clergé et la noblesse étaient exempts de la taille pour leurs biens nobles. Mais, affirme-t-il, cette exemption, pour être un privilège, n’en était pas moins pour les deux ordres plutôt un fardeau qu’un avantage ?

Commençons par le clergé : avant 1789, c’est le clergé qui, avec ses seuls et propres revenus, subvenait aux besoins du culte, à l’entretien des pauvres, des veuves et des orphelins, et plus tard à celui des hôpitaux. C’était, ce nous semble, contribuer pour une bonne part aux charges publiques ; et peut-être, si l’on était moins prévenu, reconnaîtrait-on que l’exemption de la taille n’était à son égard que de stricte justice. Mais hâtons-nous de dire que le clergé ne se retrancha jamais dans ce privilège, puisque privilège il y a, pour refuser de venir en aide à l’État, quand celui-ci faisait appel à son patriotisme. On a même pu calculer que ses dons volontaires ont plus rapporté au trésor public que n’eût fait un impôt régulier établi sur ses propriétés.

Au surplus, poursuit-il, le clergé n’hésita pas, en 1789, à se dépouiller au profit de l’État d’une fortune qui était immense, sans doute, mais dont il avait toujours fait le plus saint et le plus patriotique usage, et cela sous la seule réserve d’une dotation indispensable à ses besoins, à l’entretien des églises et à la dignité du culte. Et l’on sait comment la révolution acquitta envers lui la dette de l’État !

Venons maintenant à la noblesse : l’exemption de la taille n’était pas moins fondée en équité que par rapport au clergé. Les nobles, en effet, étaient soumis au service du ban et de l’arrière ban, – ce qui équivaut à dire qu’ils avaient le privilège de verser gratuitement leur sang pour la patrie sur les champs de bataille, et de se ruiner généreusement en frais de guerre pour la défense du pays. C’était là un privilège glorieux, sans doute ; mais il est juste de reconnaître que la révolution s’en est suffisamment vengée par la proscription, la confiscation et l’échafaud. Ajoutez à cela que, rivalisant avec le clergé de dévouement à la chose publique, ils ne songeaient pas plus que lui à marchander à l’État leurs dons volontaires, quand le trésor royal se trouvait épuisé.

On voit que l’exemption de la taille pour les biens nobles seulement, car elle ne s’étendait pas aux biens roturiers qui étaient entre les mains des deux ordres privilégiés, reposait sur des considérations de justice dont on peut bien tenir un peu compte. Dans tous les cas, la nuit du 4 au 5 août en eut définitivement raison ; et dès lors qu’elle a été abolie en droit et en fait sous le règne de Louis XVI même, on ne peut être admis à s’en faire une arme contre le gouvernement de ce monarque.

Louis XVI isolé de la nation et non aimé de son peuple ? Mensonge

Présenter Louis XVI comme isolé de la nation, et réciproquement le peuple comme séparé de son roi, constitue un autre mensonge aux yeux d’Alexandre Rémy. Si jamais mensonge historique fut flagrant, c’est bien, certes, celui-là, affirme-t-il encore. Le roi et la nation séparés ! Mais jamais l’accord du peuple et de la royauté se manifesta-t-il, dans tout le cours de notre histoire, avec un éclat aussi solennel qu’en 1789 ?

Qu’on rapproche la Déclaration royale, du 23 juin de cetteannée, des Cahiers des députés aux États-Généraux, – et l’on verra que la royauté avait sanctionné d’avance les droits et les réformes revendiqués par la nation ! En présence d’une si manifeste identification d’un roi avec son peuple, que venez-vous donc nous parler de dynastie usée et abandonnée de la sève nationale ? lance-t-il Usée ! une dynastie qui venait précisément de se retremper dans sa source même ; abandonnée de la sève nationale ! Une dynastie qui venait précisément de recevoir comme une nouvelle consécration populaire des suffrages de six millions de Français !

Et de s’interroger sur le métier de certains écrivains, dont le métier serait d’écrire l’Histoire uniquement pour la falsifier…

Hugo Brémont

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