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La Contre-Révolution vs La Gouvernance Mondiale

Œuvres de Louis XVI – Partie I

Louis XVI

Louis XVI

Louis XVI est un martyr. Il a été bon, il a été juste ; on l’a calomnié et assassiné.

Le plus sûr moyen d’apprécier ce roi de douloureuse et sainte mémoire, c’est de le peindre par ses pensées les plus secrètes, par ses manuscrits, par sa correspondance publique et particulière. Le montrer, non dans son palais, au milieu de ses courtisans, mais en présence de ses amis intimes, de la nature et de soi-même ; preuve à laquelle on reconnaît l’homme sans tache, et qui dégoûte quelquefois du grand homme ; tel est le but de cet ouvrage.

Si l’on veut mesurer le temps par la succession des idées, il s’est écoulé plusieurs siècles depuis le règne de ce monarque infortuné. Nous pouvons donc nous considérer à son égard, comme une postérité anticipée, et comme en état de le juger, avec cette tranquille impartialité qui, dans le cours ordinaire du monde, appartient essentiellement aux générations futures.

Mais, indépendamment de cette considération, quels que puissent être les sentiments ou les opinions particulières d’un écrivain, sur les hommes ou sur les événements, lorsqu’il se hasarde à manier le pinceau de l’Histoire, il ne doit jamais perdre de vue la dignité du sacerdoce qu’il va remplir, ni oublier qu’il est un des ministres de la vérité.

On peut trouver ici le meilleur et le plus sûr moyen d’arriver à cette vérité. C’est le monarque lui-même ; c’est la manifestation de ses pensées les plus secrètes ; c’est l’épanchement de son âme et de ses affections ; l’effusion de son cœur et de sa conscience dans le sein de l’amitié. Toute réserve eût été folie ; tout déguisement eût été sans motif. Ce genre de preuve est le moins sujet à être contesté ; il révèle la véritable façon de penser de l’homme, la fidèle expression de ses sentiments.

Pour achever de faire bien connaître Louis XVI, nous ne nous sommes pas contenté de réunir ici ses manuscrits, mais encore d’écrire sa vie, d’après les documents les plus authentiques, et de publier aussi tout ce qui nous a paru de nature à répandre quelque jour sur cette époque inouïe, où la plupart des Français paraissaient atteints de folie, — souvent furieuse, — où, sous prétexte de délivrer leur patrie de l’esclavage, une foule de gens s’abandonnèrent à de vains crimes qui produisirent de vains désastres.

Car la Révolution, avec ses fureurs et ses attentats, ses démences, ses forfaits, ses démolitions, ses efforts pour changer subitement et comme par un coup de baguette magique tous les éléments de l’ordre social, fit faire à la nation la plus spirituelle du monde, un pas rétrograde vers la barbarie.

La Liberté ne prend pas racine dans le sang et dans les larmes ; l’épouvante n’engendre ni progrès, ni vertu ; jamais rien ne justifie le crime ; et la violence est toujours inféconde.

[…]

Le vulgaire est convenu de parler de la faiblesse du caractère de Louis XVI ; c’est là un de ces refrains politiques qui trahissent l’ignorance du peuple. Rien n’est dangereux comme de répéter, sans examen, des jugements tout faits. On risque fort de se tromper, et de se rendre complice d’une calomnie et d’un crime, en grossissant le nombre des niais qui accréditent les erreurs.

Louis XVI a été jugé si mal, même parmi les honnêtes gens qui ont horreur des forfaits républicains, que ses OEuvres que nous publions et où il est peint tout entier, seront une véritable révélation.

Louis XVI ne pouvait pas conjurer la Révolution; il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour la prévenir. L’idée révolutionnaire était la folie de l’époque ; seuls le Roi et le Clergé n’en étaient pas atteints ; aussi avaient-ils presque tout le monde contre eux.

Dieu seul pouvait faire reculer l’hydre impie de la Révolution.

Ce que l’on appelle faiblesse chez Louis XVI, c’est sa fermeté à résister au torrent de perversité qui devait l’engloutir ; c’est cet héroïsme d’humanité qui l’a empêché de verser le sang pour se défendre.

Faible, il n’eut pas résisté à la corruption de la cour de Louis XV ; il n’eut pas sacrifié les intérêts de l’Autriche à ceux de la France et de l’humanité ; il n’eut pas bravé tour à tour l’égoïsme d’eu haut pour réformer les abus, et l’égoïsme d’en bas pour résister à la Révolution.

Faible, il n’eut pas donné à chaque jour, à chaque heure de sa vie, le spectacle de tous les genres de courage, — courage qui ne se démentit jamais, — car il mourut comme il avait vécu.

La résignation n’est pas de la faiblesse ; c’est au contraire la dernière et la plus sublime expression de la force.

Ce reproche de faiblesse est un mensonge hypocrite des assassins et des niais ; c’est un outrage à la victime.

En toute occasion, Louis XVI a déployé un courage et une fermeté héroïques, qui ne furent égalés que par sa prudence et son sang-froid.

Louis XVI se distingue particulièrement par son abnégation. Son âme aime à se répandre. Il préfère se sacrifier lui-même et donner tout son sang, plutôt que de verser une seule goutte du sang du prochain.

Il a, dans ses écrits, la douceur de Fénélon, unie à la clarté et souvent au sublime de Bossuet.

Ce prince était à la hauteur de toutes les circonstances, car c’était un cœur excellent, une âme droite, un esprit intelligent et sage.

Il voulait résoudre les problèmes sociaux par les moyens réalisables, non par de dangereuses utopies.

Voici quelle a été la situation de Louis XVI : un homme de bons sens enfermé dans un cabanon avec des fous furieux — et qui succombe.

Après son abnégation, Louis XVI se recommande surtout par son amour éclairé des classes laborieuses, des humbles, des pauvres. Il n’est ni de ces égoïstes repus qui nient leurs souffrances, ni de ces égoïstes affamés qui cherchent à les exploiter. C’est un chrétien qui place la justice et la bonté au-dessus de tout; il aime tous les hommes, ses frères en N. S. Jésus-Christ, et plus particulièrement ceux qui travaillent, ceux qui souffrent. Si les noms de Démocrate et de Socialiste n’avaient pas été déshonorés par une Ecole factieuse et impie, s’ils signifiaient réellement: amour du peuple; fraternité chrétienne; égalité dans la mesure du juste ; liberté dans l’ordre; améliorations morales et matérielles possibles; nous dirions que Louis XVI était un démocrate, un socialiste, tandis que les Philosophes et les Révolutionnaires ne sont que des imposteurs, des charlatans, les ennemis implacables du peuple, qu’ils flattent pour mieux l’enchaîner et le dépouiller.

Que veulent-ils ?  Le Pouvoir.

Que voulait Louis XVI ?

Le bonheur du Peuple, sa liberté, son repos, son honneur, son bien-être en Ce monde, son salut dans l’autre.

On en jugera par ses Ecrits, par ses paroles et par ses actes. 

 
LIVRE PREMIER

RÉFLEXIONS SUR MES ENTRETIENS AVEC M. LE DUC DE LA VAUGUYON

par

LOUIS-AUGUSTE, DAUPHIN (LOUIS XVI)

Ier ENTRETIEN 

Plan de mon éducation

Je sens que je dois à Dieu, au choix qu’il a fait de moi pour régner, aux vertus de mes aïeux, de sortir incessamment de l’enfance, et de me rendre digne du trône où il peut se faire que je serai un jour assis ; que, pour cela, je ne dois rien oublier pour devenir un prince véritablement pieux, bon, juste et ferme ; que je ne peux acquérir ces qualités que par un travail assidu, et je fais la résolution de m’y livrer tout entier.

IIe ENTRETIEN 

Sur la loi naturelle

Après avoir lu et médité avec soin ce que je viens d’entendre, je m’interroge moi-même, et je me demande :

Que suis-je ?

Je suis un être composé d’un corps qui sent, et d’une âme qui pense.

Me suis-je créé moi-même ?

Non : ma propre existence et le spectacle de la nature m’apprennent la nécessité d’une intelligence souveraine, qui a produit tout ce qui existe.

Quels sont mes devoirs envers cette intelligence souveraine ?

Je lui dois un culte intérieur, c’est-à-dire que je dois l’aimer, espérer en elle, la craindre, et être disposé à lui obéir.

Je lui dois aussi un culte extérieur, c’est-à-dire que je dois lui rendre grâce de ses bienfaits, célébrer sa grandeur, et regarder avec horreur ceux qui lui refusent leur hommage.

Cette Intelligence souveraine m’a-t-elle donné quelques lois à suivre ?

Oui : en pénétrant dans mon cœur, je m’aperçois qu’elle y a gravé des principes qui doivent servir de base à ma conduite.

Quels sont ces principes ?

Les voici:

1° Je dois regarder tous les hommes comme égaux et indépendants par le droit de la nature ;

2° Je dois aimer ceux qui me font du bien ;

3° Je dois préférer le plus grand bien au plus petit, et ne pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas qu’ils me fissent.

A quoi m’oblige le premier principe ?

Il me rappelle d’abord tout l’amour que je dois à Dieu. Il m’enjoint ensuite d’aimer mes parents, d’être reconnaissant de leurs bienfaits, de les respecter et de leur obéir.

Ne m’oblige-t-il à rien autre chose ?

Il m’oblige encore à témoigner ma reconnaissance à tous ceux qui m’ont fait du bien, et à ne pas laisser le plus léger service sans récompense.

A quoi m’oblige le second principe ?  A préférer, en toutes occasions, l’intérêt général à l’intérêt particulier.

A quoi m’oblige le troisième principe ?

A traiter les autres comme je voudrais être traité par eux, s’ils se trouvaient à ma place, et que je fusse à la leur.

La loi naturelle suffisait-elle à l’homme pour le diriger ?

Si l’homme n’avait pas oublié ses devoirs envers Dieu, et ne s’était pas livré aux égarements de l’orgueil, elle aurait suffi sans doute ; mais depuis le développement des passions, elle devenait bien insuffisante.

Quel remède Dieu a-t-il apporté à l’insuffisance de cette loi ?

Il donna d’abord la Loi judaïque, et ensuite il l’a rendue parfaite par l’Évangile, que Jésus-Christ est venu annoncer au monde, et qu’il a cimenté de son sang.

Où découvre-t-on la perfection de cette loi ?

Elle est renfermée dans les livres divins du Nouveau Testament, et dans l’enseignement de l’Église et de ses ministres.

IIIe ENTRETIEN 

Sur la piété

Ma dévotion doit être éclairée, simple, généreuse.

Éclairée, c’est-à-dire fondée en principes ;

Simple, c’est-à-dire sans affectation ni singularité ;

Généreuse, c’est-à-dire exempte de respect humain.

Je me propose de graver bien profondément dans mon esprit les préceptes de ma religion ; et lorsque je prierai le Seigneur, je ferai précéder par l’hommage du sentiment de mon cœur les actes d’adoration que je lui rendrai extérieurement. Dans tous mes exercices de piété, je porterai le souvenir d’un Dieu toujours existant, toujours présent, toujours éclairant mes pensées, toujours sondant mon cœur ; je serai recueilli, plein de foi, de respect, de ferveur et d’amour. 

IVe ENTRETIEN

Sur la piété

Je me propose d’être, toute ma vie, fortement et constamment attaché à la piété et à tous les exercices de la piété. Je m’élèverai au-dessus de toute sorte de respect humain, et je prends la résolution ferme et sincère d’être hautement, publiquement, généreusement fidèle à Celui qui tient en sa main les rois et les royaumes. Je ne puis être grand que par lui, parce qu’en lui seul est la grandeur, la gloire, la majesté et la force, et que je suis destiné à être un jour sa vive image sur la terre ; je ne rougirai jamais de ce qui peut seul faire ma gloire.

Ve ENTRETIEN 

Sur la dévotion

Je me propose de n’avoir jamais aucune affectation ni aucune singularité dans ma dévotion ; je suivrai avec simplicité la voie tracée par l’Évangile et enseignée par l’Église, et je me propose pour modèle la dévotion de saint Louis et de Charles V.

VIe ENTRETIEN

De la bonté ou de la bienfaisance

De l’humanité, dérivent la bonté, la bienfaisance, la clémence et l’affabilité.

L’humanité dépend de deux principes : l’origine de l’homme, et la constitution de l’homme.

Origine de l’homme.

Le plus vil des hommes, le plus misérable des hommes, remonte, par une suite de cent vingt degrés au plus, jusqu’à Noé ; et le plus grand des rois, l’homme le plus puissant qu’on puisse imaginer, fût-il maître de toute la terre, remonte comme lui à la même source et au même père : ainsi, par l’origine primordiale, tous les hommes sans exception me sont égaux.

Constitution de l’homme.

Tous les hommes ont besoin les uns des autres ; le plus grand des rois a besoin d’un tailleur, d’un boulanger, etc. Je n’oublierai pas cette sentence de Juvénal : « Je suis homme, rien de ce qui touche l’humanité ne m’est étranger. » Mais, depuis la loi évangélique, quels liens ne doivent pas m’attacher aux autres hommes ! Nous sommes tous également adoptés en Jésus-Christ ; nous avons tous la même espérance et les mêmes droits à l’héritage céleste.

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