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La Contre-Révolution vs La Gouvernance Mondiale

Varennes « Fuite » [évasion] de Louis XVI et arrestation

Arrestation de Louis XVI et Marie-Antoinette à Varennes en 1791

Arrestation de Louis XVI et Marie-Antoinette à Varennes en 1791

Souffrir c’est beaucoup ; mais les âmes fortes s’y façonnent, et parviennent souvent à porter leur douleur sans murmure et sans plainte ; ce qui leur est bien moins facile que la résignation c’est la nécessité de feindre.

Oh ! voilà ce qu’il y a de torturant dans le malheur, c’est l’obligation de le cacher !…C’était là le grand tourment de Louis XVI ; il lui fallait sourire, il lui fallait affecter le calme quand son cœur était tout rempli d’inquiétudes, de trouble et d’angoisses. Parmi les hommes qui l’entouraient il y en avait sans doute beaucoup auxquels il aurait pu confier son profond chagrin, et qui auraient voulu donner leur sang pour l’alléger ; mais il y en avait d’autres qui étaient près de lui pour l’épier, de perfides courtisans qui seraient allés, dénoncer sa tristesse comme une offense à la nation, et qui lui auraient fait un crime de ses larmes s’ils les avaient vues couler.

Cette obligation d’agir en secret et de se cacher des grands et petits employés du château avait retardé longtemps les apprêts du départ ; enfin ils étaient terminés, et le 21 juin fut choisi pour réaliser le projet d’évasion de Paris. On était convenu de la route à suivre ; le roi s’était décidé pour celle de Varennes, quoique M. de Bouillé eût préféré celle de Reims. Pour rendre la route de Varennes plus sûre on y avait envoyé des détachements de distance en distance ; et, comme ces mouvements de troupes auraient pu exciter des ombrages parmi le peuple de ces pays, M. de Bouillé avait imaginé le prétexte d’un convoi d’argent qu’il attendait et faisait escorter ; il feignit aussi que les mouvements des troupes autrichiennes lui donnaient de l’inquiétude du côté de Montmédy : il pouvait à l’aide de ces prétextes garnir le pays de troupes, d’argent et de munitions.

Au moment de mettre à exécution un si grand dessein il l’avait confié à des hommes sûrs et éprouvés, au duc de Choiseul, au comte Charles de Damas, à MM. de Goguelat, de Kinglin et aux jeunes de Bouillé, ses fils. Le secret fut parfaitement gardé. La nuit du 19 au 20 juin était choisie et arrêtée pour le départ ; le roi avait communiqué son projet à son frère Monsieur, qui devait de son côté partir de Paris avec Madame et gagner les frontières en prenant la route de Lille. Le marquis d’AgouIt était chargé de choisir trois gardes du corps pour accompagner le roi déguisés en courriers. MM. de Valory, de Moustier et de Maldent acceptèrent avec transport cette périlleuse mission. Quand il avait été question de désigner parmi les compagnies des gardes du corps les fidèles qui accompagneraient la famille royale la reine avait dit : Oh! nous pouvons les prendre les yeux fermés ; nous les trouverons tous comme aux 5 et 6 octobre. Le véritable honneur ne déroge pas !

Deux gentilshommes de la chambre qui avaient toujours été à côté du roi dans les journées les plus terribles, les ducs de Villequier et de Duras, s’étaient chargés dans le château même de tous les préparatifs de la fuite. Le comte de Fersen, colonel propriétaire du régiment Royal Suédois, avait disposé les voitures les plus légères et les plus commodes pour le voyage. Je vous l’ai déjà dit, mes enfants, la famille royale n’était pas entourée que de serviteurs fidèles ; le parti révolutionnaire avait des espions jusque dans la chambre de la reine ; ces surveillants s’étaient depuis deux jours aperçu d’un mouvement inusité dans le château. L’étiquette a rendu la vie des rois si monotone, elle a si bien jeté chaque journée dans le même moule que du moment qu’une chose imprévue ou inaccoutumée survient c’est un événement qui tranche dans l’uniformité habituelle: un brin d’herbe est remarqué dans l’aridité du désert… Les espions apostés par M. de Lafayette s’aperçurent du mouvement inusité qui régnait depuis vingt-quatre heures au château. Dès cet instant le général, qui avait trop dormi dans la nuit du 5 au 6 octobre, tint les yeux ouverts sur tout ce qui se passait aux Tuileries, et n’en sortit que très tard ; et quand tout y fut fermé il revint rôder sous les fenêtres pour s’assurer s’il n’entendait pas quelque bruit.

Enfin dans la nuit du 20 au 21 juin, vers les onze heures du soir, le roi, la reine, madame Royale, le jeune dauphin, madame Elisabeth se rendirent isolément dans l’appartement de M. le duc de Villequier, qui avait une porte ouvrant sur le Carrousel ; chacun y prit son habit de voyage. Le roi, qui devait passer pour le valet de chambre de madame de Korff, se revêtit d’un frac brun, et couvrit son beau front d’une perruque ; la reine et madame Elisabeth prirent des robes simples, se coiffèrent chacune d’un grand chapeau sur lequel était jeté un voile de gaze, et le dauphin, vêtu comme sa sœur, fut déguisé en petite fille.

Dans la relation du voyage écrite par l’auguste fille de Marie-Antoinette on lit ces détails : « On habilla mon frère en petite fille ; il était charmant! comme il tombait de sommeil, il ne savait pas ce qui se passait ; je lui demandai ce qu’il croyait qu’on allait faire ? il me répondit qu’il pensait que l’on allait jouer la comédie, parce que nous étions déguisés.»

La famille royale sortit du château par groupes séparés ; les deux enfants et madame de Tourzel, leur gouvernante, partirent les premiers ; puis Madame Elisabeth et son écuyer, M. de Saint-Pardoux, le roi et un garde du corps marchèrent ensuite ; ils se rendirent, comme il avait été convenu, à la voiture de remise qui les attendait sur la place du Petit-Carrousel, près de la rue de l’Echelle(…)

La reine se fit attendre longtemps. Voici la cause de ce retard : comme elle marchait, recherchant les endroits les plus obscurs de la place, elle rencontra la voiture de M. de Lafayette, qui revenait observer le château. Les gens du général portaient des torches ; leur lueur aurait pu faire reconnaître la reine fugitive : elle échappa à cette clarté en entrant sous les guichets du Louvre.

(…)

Pendant que la fille des césars, s’enveloppant de ses voiles et respirant à peine, se tient collée au mur du guichet M. de Lafayette revient sur ses pas… elle lui échappe encore.

Une fois réuni, on se place, on s’arrange, on se serre les mains, on se félicite… Eh! mon Dieu, ce bonheur était cependant bien pauvre! A la douteuse clarté des étoiles ils regardent le palais qui leur a servi de prison, et dont ils se trouvent heureux d’être sortis…. Les voitures filent rapides vers la porte Saint-Martin.

(…)

C’est de Bondy que date la première faute ; de là un courrier aurait dû être expédié à M. de Bouillé et aux détachements qui se portaient à la rencontre du roi, et il n’en partit pas.

(…)

A Montmirail la soupente d’une des voitures du roi cassa, et pour la raccommoder et la remettre en état on passa deux heures. Tous ces retards étaient fâcheux! On craignait la ville de Châlons comme la plus populeuse de la route ; le roi pourtant la traversa sans obstacle ; mais il se cachait avec si peu de soin, et il était si faiblement déguisé que sa figure si caractérisée fut reconnue par le maître de, poste ; celui-là était royaliste ; il ne révéla ses soupçons à personne : il laissa à un autre le soin de dénoncer.

Louis XVI et sa famille voyagèrent toute la nuit sans que Paris fût averti ; dès huit heures du matin M. de Fersen courut à la municipalité pour voir ce que l’on savait : quand il y arriva rien de l’évasion n’était connu ; mais bientôt la garde du château apprit que les appartements du roi, de la reine, de madame Elisabeth et des enfants étaient vides et qu’aucun membre de la famille royale n’avait couché au château. Cette nouvelle circula avec rapidité ; M. de Lafayette réunit aussitôt ses aides de camp, leur ordonna de partir sur-le-champ en leur disant qu’ils n’atteindraient sans doute pas les fugitifs, mais qu’il fallait faire quelque chose ; il prit sur lui la responsabilité de l’ordre qu’il donnait, et supposa dans la rédaction de cet ordre que la famille royale avait été enlevée par les ennemis de la chose publique.

L’assemblée se réunit à neuf heures du matin. Les députés étaient tous fort agités: les membres du côté droit se réjouissaient de voir le roi délivré de l’humiliante tutelle qui pesait sur lui depuis longtemps ; ceux du parti populaire, qui déjà commençaient à se fatiguer du roi, trouvaient dans son absence l’occasion de s’en passer, et concevaient l’espérance d’une république. Toute la partie modérée, qui gouvernait en ce moment l’assemblée, désirait que le roi se retirât sain et sauf à Montmédy, et comptant sur son équité elle se flattait qu’un accommodement en deviendrait plus facile entre le trône et la nation.

Quand la première émotion fut un peu calmée le président, Alexandre de Beauharnais, ouvrit ainsi la séance:

« Messieurs, je dois prévenir l’assemblée qu’à huit heures du matin, un instant avant de me rendre ici, le maire de Paris est venu chez moi, et m’a annoncé une nouvelle qui sans doute portera la consternation dans l’assemblée, celle du départ du roi avec une partie de la famille royale ; j’imagine que l’assemblée nationale donnera des ordres pour que dans toutes les parties du royaume l’on soit instruit de cette nouvelle alarmante. »

A cette communication succéda dans toutes les parties de la salle un profond silence ; cependant Regnaud de Saint-Jean-d’Angély se lève et dit : La constitution du pays est terminée, et quels que soient les dangers de la patrie ils ne peuvent se comparer à ceux qui vous menaçaient quand vous eûtes à prononcer l’immortel serment du Jeu de Paume… Je propose, ajoute-t-il, de mander à l’instant les ministres à la barre pour recevoir les ordres de l’assemblée, et d’envoyer dans tous les départements des courriers extraordinaires pour faire arrêter au nom de la nation tout individu  de la famille royale qui ne serait pas muni d’un passeport délivré par le corps législatif.

Le président instruit alors l’assemblée que le général Lafayelte avait déjà, dans le zèle qui l’anime, envoyé sur toutes les routes pour arrêter le roi et sa famille… Cette assurance calme les plus ardents, et dans cet instant le commandant général des gardes nationales, les ministres, le département se présentent à la barre pour recevoir les ordres de l’assemblée et lui porter l’assurance de leur dévouement. Charles de Lameth demande que le général de Rochambeau soit envoyé sur les frontières ; que des lances, des fusils, des sabres, des piques soient donnés à tous les citoyens du royaume pour que partout le peuple se montre fort. Des motions du même genre se succèdent ; tous les députés ont quitté leurs bancs, parlent à la fois, et c’est en vain que le président essaie de ramener l’ordre en répétant : Du calme, messieurs, du calme !

(…)

A peu près au même moment Lafayette était arrêté sur la place de Grève par un attroupement nombreux. Vous nous avez répondu du roi sur votre tête, lui crièrent plusieurs voix, et cependant le voilà échappé…. Je paierai ma dette s’il n’est pas arrêté, répond le général ; mais, mes amis, soyez sans crainte., il le sera ; mes mesures sont prises.

La foule en voulait aux députés royalistes ; elle les accusait du départ. Cazalès en se rendant à l’assemblée fut arrêté et menacé de la lanterne ; des députés furent envoyés pour l’arracher des mains de la populace.

La séance était permanente ; M. de Laporte, intendant de la liste civile, vint donner connaissance à l’assemblée d’un écrit cacheté que le roi lui avait fait remettre… Alors un grand mouvement de curiosité se manifesta et dans la salle et dans les tribunes, et un profond silence régna dans toutes ses parties. Le président rompit le cachet, et lut d’énergiques protestations du roi contre les actes émanés de l’assemblée pendant sa captivité. Après avoir dépeint l’anarchie qui désolait le royaume Louis XVI faisait un appel à la France ; il annonçait aux habitants de Paris le bonheur qu’il aurait de se retrouver au milieu d’eux lorsqu’une constitution acceptée librement assurerait le règne des lois, et placerait la liberté sur des bases inébranlables. Au bas de cette déclaration étaient écrits ces mots: Le roi défend à ses ministres de signer aucun ordre en son nom jusqu’à ce qu’ils aient reçu ses ordres ultérieurs ; il enjoint au garde du sceau de l’état de le lui renvoyer d’abord qu’il en sera requis de sa part.

La lecture de cette déclaration royale alla tourmenter bien des consciences de l’assemblée ; sans les violences quelle avait exercées, sans ses empiétements continuels sur le pouvoir royal le souverain serait resté dans la capitale ; il ne s’était éloigné d’elle que pour être libre. Mais plus l’écrit de Louis XVI avait soulevé de remords, plus ceux qui les ressentaient affectaient de calme et de dédain.

Barnave proposa de mander à la barre les généraux qui se trouvaient à Paris pour renouveler leurs serments ; Charles de Lameth demanda que les officiers qui refuseraient de s’y soumettre dans les vingt-quatre heures fussent privés de leurs grades.

retour de Varennes
(…)

L’assemblée décida qu’elle garderait le sceau royal pour être apposé à ses décrets. Elle ordonna que les frontières seraient mises en état de défense, et chargea le ministre des affaires étrangères d’assurer aux différentes cours que les dispositions de la nation française restaient les mêmes à leur égard.

Pendant que ces résolutions étaient prises dans le sein de l’assemblée le peuple inquiet était, comme dans les grandes calamités, descendu dans la rue, et là, devant chaque maison, on s’arrêtait, on se questionnait ; on était avide de détails. Un roi fugitif n’était point alors chose commune, et le départ de Louis XVI était pour beaucoup comme le départ d’un chef de famille qui laisse ses enfants dans l’embarras ; on s’alarmait de cette absence, qui révélait la tyrannie de l’assemblée, et qui pouvait amener toute l’Europe monarchique contre la France révolutionnaire.

A côté des groupes royalistes on en entendait d’autres qui disaient: « Tant mieux qu’il soit parti! la nation va apprendre qu’elle peut se passer de roi, et nous aurons la république. » D’autres ajoutaient: « Puisque le roi a abandonné Paris, il faut que Paris lui prouve qu’il peut se passer de lui…. allons briser ses armes et tout ce qui rappelle son pouvoir. »

Et aussitôt des bandes se mettaient à parcourir lés rues, brisant et foulant aux pieds les écussons aux trois fleurs de lis et tous les autres insignes de la royauté.

Cette agitation avait duré toute la journée ; il était dix heures du soir, et l’assemblée fatiguée de sa longue séance venait de se séparer quelques instants lorsque tout à coup au milieu du peuple on entend ces mots :

Le Roi Est Arrété ! On Le Ramène.

Oh! à cette nouvelle que de sentiments divers! Les royalistes sont contristés jusqu’au fond de l’âme ; les révolutionnaires vont de nouveau insulter, humilier la royauté… et quel trajet que celui du retour ! encore plus horrible que le voyage de Versailles à Paris lors de la journée du 6 octobre ! les mêmes angoisses, mais prolongées bien plus longtemps ; et au milieu d’une effervescence qui n’avait fait qu’augmenter où s’arrêteraient les outrages ?

Quant à la tourbe révolutionnaire , elle se réjouissait d’une infernale joie. Elle, avide de spectacles, allait en avoir un tout à fait selon son cœur: un roi, une reine, toute une famille royale captive, humiliée, passant entre ses rangs, et recevant de ceux qui s’inclinaient autrefois devant elle des insultes et de grossiers reproches.

Les hommes aussi mauvais au fond de l’âme que cette populace parisienne, mais plus éclairés qu’elle, et qui avaient travaillé au renversement de la monarchie, étaient presque effrayés de leur succès…. Ce roi prisonnier, qu’allaient-ils en faire ? Ils avaient bien l’exemple de Cromwell ; mais l’Europe en armes laisserait-elle élever l’échafaud ?

On criait encore à la lueur des réverbères, dans toutes les rues de Paris, le roi est arrêté, on le ramène, quand l’aide de camp de M. Lafayette arriva ; il se présenta à la barre de l’assemblée : pendant qu’il y faisait son rapport les cris de la multitude qui entourait la salle redoublaient, et dans ces clameurs le nom du duc d’Orléans et le mot de république étaient prononcés par quelques Voix !..

Pour ajouter encore à cette agitation, à cette vive émotion populaire on vit bientôt s’avancer au milieu des hommages et des acclamations de la foule le héros du jour, Drouet, fils du maître de poste de Sainte-Menehould ; lui aussi venait rendre compte à l’assemblée de ce qu’il avait fait ; il était si fier d’avoir arrêté un roi! Plus tard il s’enorgueillira du titre de régicide.

Joseph-Alexis Walsh

©Royalistes.Net

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Une réflexion sur “Varennes « Fuite » [évasion] de Louis XVI et arrestation

  1. Slt quelqu’un peu me dire en remuser en 4 ou 5 lignes l’arrestation de Louis xvi s’il vous plais c est important et si possible qu’on le donne des nouvelle au plus s’il vous plait

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